Les meilleurs livres de psychogénéalogie

Liste des livres dont vous trouverez le compte rendu sur cette page :

  • Mon cœur généalogique, Elisabeth Horowitz
  • Mon corps généalogique, Elisabeth Horowitz
  • Devenir un bon ancêtre – Transgénérationnel et grands-parents, Bruno Clavier

Mon Cœur Généalogique d’Elisabeth Horowitz

Un an après «Mon corps généalogique», qui explorait la relation entre santé et généalogie, Elisabeth Horowitz nous offre un nouvel ouvrage, consacré cette fois aux relations amoureuses, dans lequel elle examine l’influence de notre histoire familiale sur nos choix sentimentaux.

Elle décortique et illustre, à travers de nombreux exemples, le poids des unions antérieures sur notre vie actuelle, même des dizaines d’années plus tard et, souvent, sans que nous ayons connaissance de ce qui nous a précédés. Elle explique comment la prise de conscience, grâce à la compréhension de notre arbre généalogique, peut alléger ce poids et nous en libérer. C’est pourquoi elle préconise d’entreprendre des recherches sur notre histoire familiale, trop souvent méconnue. Elle nous livre ses conseils pour être efficaces dans cette quête, en proposant une méthode et des étapes à suivre, le tout assorti de questionnaires intégrés aux différents chapitres, qui nous aident à faire le tour complet des éléments à aborder.


À travers les ressemblances physiques, les répétitions de prénoms, de noms et de dates, les coïncidences de lieux ou de métiers entre nos amoureux et notre famille, nous pouvons repérer ce qui risque d’augmenter le niveau d’indifférenciation intrafamiliale et s’avère donc risqué en nous enfermant dans un mouvement régressif vers l’origine. En effet, l’augmentation des ressemblances entraîne une indifférenciation qui s’avère dangereuse, car, selon l’auteure, « cela va à l’encontre du processus évolutif, qui, lui, demande davantage d’unicité. Il enjoint de se différencier de sa famille, de s’en extraire afin d’être pleinement soi-même. Et ce fameux soi-même ne peut en aucune façon être la copie d’un autre ou d’une autre. »

C’est là toute la clé et ce dont nous devons prendre conscience : résister à l’attirance, souvent très puissante, de ce retour vers l’origine qui nous limite et nous empêche de devenir nous-mêmes.

Ainsi, lorsque « le niveau de ressemblances intrafamiliales est élevé, que plusieurs membres de la parenté portent le même prénom, que les patronymes se ressemblent, que des dates identiques se retrouvent, l’arbre généalogique devient une entité répétitive, une masse indistincte. Les individualités de chacun sont peu marquées, voire inexistantes, et les singularités effacées. Ce qui est plutôt préoccupant, car la vie nous demande de nous différencier, d’exprimer notre unicité, de nous dégager de l’emprise généalogique qui, elle, pousse sans cesse à la fusion, à l’imitation et à l’identification aux ascendants. »

Les répétitions de l’identique concernent aussi la composition des fratries, les âges auxquels surviennent certains événements, ainsi que les écarts d’âge identiques entre conjoints ou frères et sœurs, que nous sommes invités à repérer afin d’éviter d’en subir les effets.


Mais, comme précisé dans ses précédents ouvrages, le passé familial n’est pas la seule influence sur notre vie ; les influences familiales actuelles sont également à l’œuvre et à prendre en compte, car nous pouvons réagir aux changements (décès, divorces, accidents) affectant la parenté au moment où ces événements surviennent.

L’histoire de chaque famille se caractérise par un temps généalogique qui lui est propre et influence le devenir de ses membres. Ainsi, quand l’« horloge généalogique » qui a enregistré les dates significatives et les durées de vie des individus, comme des couples, marque à nouveau ces chiffres, des séparations, des rencontres ou des changements brusques et inattendus peuvent survenir, la vie de couple étant influencée par des traumatismes originaires non surmontés.

Outre les conseils pour explorer sa généalogie et repérer les répétitions dans notre vie, Elisabeth Horowitz propose des « actions libératrices » à mettre en œuvre pour résoudre des situations difficiles ou douloureuses.

En conclusion, un ouvrage dense, à la fois théorique et pratique, illustré de nombreux cas, qui nous éclaire sur notre parcours sentimental et propose des pistes à suivre pour sortir des répétitions généalogiques et mieux vivre nos relations amoureuses.


Mon corps généalogique d’Élisabeth Horowitz

Couverture du livre "Mon corps généalogique -comment l'histoire familiale infleunce notre ADN, et comment guérir" d'Elisabeth Horrowitz

Tout nouveau livre d’Élisabeth Horowitz est pour moi un événement que j’attends avec impatience, tant ses ouvrages occupent une large place dans ma bibliothèque consacrée à la psychogénéalogie.

Le dernier paru, « Mon corps généalogique – Comment l’histoire familiale influence notre santé et notre ADN et comment guérir » se classe, selon moi, parmi ses meilleurs. Et c’est sans doute celui à lire en priorité pour débuter.

Depuis plus de vingt-cinq ans, Élisabeth Horowitz publie des ouvrages consacrés à l’influence de notre arbre généalogique sur notre destinée. Elle y détaille les effets de notre généalogie sur nos vies à travers les répétitions de dates, de noms et de structures généalogiques, les âges clés et les secrets de famille, entre autres éléments généalogiques prépondérants.

Dans ce dernier ouvrage très riche, elle reprend tous ces éléments avec beaucoup de clarté, en les illustrant de nombreux exemples tirés de sa pratique ou de la vie de personnes célèbres.

De notre naissance à l’histoire de nos parents et de nos grands-parents, tous les grands événements de nos vies sont passés au crible de son analyse psychogénéalogique.

Mais si on retrouve dans ce dernier livre tous les principes de base de la psychogénéalogie, Élisabeth Horowitz va plus loin dans sa deuxième partie en affirmant que notre configuration généalogique influence l’expression des gènes, les répétitions généalogiques pouvant entraîner des modifications de l’ADN.

Cependant, elle ne se contente pas de décortiquer l’influence du passé sur nos vies, mais consacre également une partie de son livre à «l’influence familiale au présent» ou à ce qu’elle nomme «l’effet parenté», c’est-à-dire les répercussions sur nos vies des événements se déroulant actuellement au sein de notre famille. Un mariage, une naissance, un décès, voire une expatriation ou un simple déménagement entraîne souvent des réactions immédiates dans la vie sentimentale, la trajectoire professionnelle ou la santé des proches. En effet, ces évènements modifiant notre capital affectif, c’est-à-dire le soutien affectif et matériel reçu de la parenté, toute transformation de l’équilibre familial risque de nous en priver, au moins en partie. Il en découle des réactions inconscientes allant de l’incident mineur à la maladie grave, chaque remaniement familial étant susceptible de nous affecter. Lorsque nous rencontrons des difficultés ou des problèmes médicaux, il est donc important de s’interroger sur ce qui se passe au même moment dans notre famille avant d’enquêter sur une éventuelle influence du passé.

Mais revenons sur la deuxième partie de cet ouvrage, intitulée «Les fondations de notre généalogie». Élisabeth Horowitz y affirme qu’un niveau élevé de similarité et de répétition au sein de la parenté induit non seulement des symptômes, mais aussi des mutations génétiques.

Ces similarités et répétitions concernent les ressemblances au niveau des noms et prénoms, les répétitions de dates, de structures généalogiques (nombre et genre des enfants) et tout autre élément identique (métiers, adresses, etc.). Plus les répétitions sont nombreuses, plus le danger augmente, jusqu’à mettre en péril la santé, voire la vie.

L’explication donnée est la suivante : chacun de nous est unique, mais les désordres généalogiques poussent à la fusion, c’est-à-dire à la ressemblance, alors que nous devons nous singulariser. Tout ce qui nous ramène vers la fusion a des effets limitants, sclérosants, voire destructeurs, précipitant la disparition du système porteur de cet excès de ressemblances, comme c’est d’ailleurs le cas avec la consanguinité.

Autrement dit, si une carence familiale (séparation ou décès des parents, par exemple) entraîne un désir de fusion et donc une augmentation des similarités (redonner un prénom, avoir des enfants en même temps pour des sœurs, etc.), ces ressemblances engendrent à leur tour un niveau d’angoisse et de violence au sein des familles, préjudiciable à la santé et à la vie.

Citons un extrait pour mieux comprendre :

« La fusion avec l’autre est un mécanisme de défense, mais il ne fait que renforcer le problème au lieu de le régler. Car un cycle se met en place : séparation/rupture/perte (stress), puis fusion du moi avec l’autre afin de se protéger (mécanisme de défense), puis indifférenciation (résultat) et hausse du danger. Il faut donc éviter de fusionner ; ainsi le trauma initial est-il vaincu. Si l’on ne cherche pas à combler la perte à tout prix, alors elle n’aura point autant d’effet. »

Il est donc déconseillé de choisir comme conjoint un homme ou une femme se prénommant comme les parents ou les frères et sœurs et de redonner à ses enfants son propre prénom ou un prénom déjà porté par la parenté. Mais il n’est pas toujours évident de résister à la force d’attraction de la ressemblance qui peut donner l’impression d’avoir rencontré le partenaire idéal. Cependant, si votre nouvel amoureux porte le même prénom que votre père ou votre frère, mieux vaut fuir plutôt que de s’engager dans une relation qui n’apportera rien de nouveau, mais qui contribuera à vous enfermer dans la répétition de vieux schémas familiaux et pourrait s’avérer dangereuse pour les enfants que vous pourriez concevoir ensemble.

Il faut donc retenir que plus les ressemblances augmentent, plus le risque augmente pour soi comme pour l’entourage familial, en particulier pour la descendance. La prise de conscience des répétitions permet déjà d’en amoindrir les effets, mais pour rééquilibrer le système il faut se différencier et éviter toute répétition de signifiants généalogiques (noms et prénoms, dates). Comme l’explique Élisabeth Horowitz, il est en effet «fondamental de devenir soi-même, c’est-à-dire une personne bien différenciée de sa famille d’origine».

Au fil de la lecture, nous ne pouvons que faire des liens éclairants avec notre propre histoire. Ces prises de conscience sont précieuses et constituent déjà un premier pas vers un mieux-être. La cinquième partie, « Comprendre et guérir » , apporte quelques clés pour mieux comprendre et guérir, à travers des exemples d’actes symboliques alliant thérapie transgénérationnelle et outils de thérapie brève que chacun pourra s’approprier.

Un ouvrage captivant et salutaire, à lire et à relire !


Devenir un bon ancêtre – Transgénérationnel et grands-parents de Bruno Clavier

Qu’est-ce qu’un bon ancêtre et comment le devenir ? C’est la question abordée par Bruno Clavier dans son dernier livre Devenir un bon ancêtre: Transgénérationnel et grands-parents, sous forme d’un récit riche et inspirant, mêlant expérience personnelle et réflexion théorique.

Si nous avons tous des grands-parents (que nous les ayons connus ou non), le devenir à son tour n’est pas rien, surtout si nos grands-parents n’ont pas joué un rôle positif pour nous. Bruno Clavier en témoigne ici, alors que l’annonce de la grossesse de sa fille fait émerger des mémoires traumatiques liées à son grand-père.

Bruno Clavier a déjà raconté, dans ses précédents livres, les violences sexuelles subies dans son enfance. Il y revient ici et évoque pour la première fois celles infligées par son grand-père, qui refont surface sous la forme de cauchemars au moment où il devient lui-même grand-père.
« Devenant grand-père, je remettais en route dans ma scène psychique ce qui s’était passé avec le mien, mes mémoires se réactivaient. »

Il lui aura fallu soixante ans pour comprendre ce qui s’était passé, dont il témoigne dans ce récit autobiographique émouvant. Entre sa petite fille qui vient de naître et son père, proche de la mort, nous le suivons dans cette traversée des traumatismes de son enfance et de son parcours pour en guérir. Fils, père, puis grand-père, son expérience illustre cette « guirlande générationnelle lumineuse pour la nouvelle fête de la vie, subitement allumée » quand il renoue avec son père, devient grand-père et se retrouve à pousser une chaise roulante puis un landau, dans un raccourci temporel .

Au-delà de son expérience personnelle, Bruno Clavier, psychanalyste transgénérationnel, doté d’une longue expérience clinique, élargit son propos à l’importance pour chacun du rôle des grands-parents, qu’ils soient toxiques ou positifs pour leurs petits-enfants.

Devenir grand-père ou grand-mère, tout comme être parent, engage notre responsabilité :

« Nous avons une responsabilité dans notre vie afin de ne pas créer après notre disparition des souffrances pour les générations futures. »

Ainsi, à propos de sa mère qui ne voulait pas que sa petite-fille l’appelle « mamie », il écrit : « Refuser son rôle de parent, de grand-parent, de mère ou de grand-mère induit non seulement des manques pour les générations suivantes, mais témoigne d’une faille terrible dans sa propre incarnation ».

Lorsque les grands-parents n’ont pas été à la hauteur, il est heureusement possible de trouver des grands-parents de substitution. Ici encore, Bruno Clavier nous confie comment il s’est construit malgré l’absence de figures parentales et grand-parentales solides. Des amies plus âgées que lui, son maître d’art martial vietnamien, puis ses contacts avec les traditions amérindiennes l’ont aidé à combler ce manque et à s’ouvrir à une autre compréhension de la vieillesse et de la mort.

À travers ce livre, Bruno Clavier nous rappelle à quel point,

« Chaque être humain a besoin d’informations sur sa famille, qu’elles soient négatives ou positives. Dissimuler ses origines à un enfant, c’est l’exposer à ce qu’il en soit un jour hanté sans que lui ou son entourage ne comprenne l’origine de ses symptômes. »

D’ailleurs, comme sa pratique le lui a prouvé :

« Les symptômes des enfants visent souvent à mettre au jour les traumatismes de leurs parents, mais également ceux de leurs grand-parents quand ces derniers en ont été victimes dans l’enfance. »

D’après Bruno Clavier,  » nous ne pouvons que reprendre le chemin de nos ancêtres. En le continuant dans le meilleur des cas ; en l’améliorant ou en renversant les sens si cela est nécessaire ; en transcendant en quelque sorte cet héritage. »

Ces propos sont illustrés par la façon dont il a lui-même reproduit en le transformant un héritage qui, malgré sa noirceur, lui a transmis la vie.

Comme il le constate :

« Il existe une autre dimension étonnante de la transmission grand-parentale : quoi qu’aient été nos ancêtres, nous leur sommes redevables de la vie, mais également de qui nous sommes, d’une manière hallucinante. On pourrait presque dire que notre grand-parent, c’est nous »


Il convient donc de « garder le bon et rejeter le mauvais des transmissions, effectuer un retournement bénéfique de la situation » pour, enfin, devenir un bon ancêtre.

Bruno Clavier a su guérir ses plaies et transformer ses traumatismes, mettant au service des autres ses qualités de psychanalyste transgénérationnel. Il partage avec nous son expérience et nous indique le chemin à suivre pour surmonter des héritages familiaux parfois trop lourds.


Certains sujets abordés sont difficiles et douloureux (viols, inceste), tels que les violences sexuelles subies enfant par l’auteur. Cependant son témoignage est bienfaisant car il démontre qu’il est possible de transcender ces traumatismes. C’est certes le chemin de toute une vie, traversée de souffrances, mais aussi de joies et, au final, un témoignage poignant et courageux qui peut redonner espoir à d’autres victimes et les éclairer sur ce qu’elles vivent. Et dont la conclusion pourrait être, selon ses propres mots :

« Rester vivant, quel beau projet »

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